La Ferme du Vent face au Mont Saint Michel

by jmbedroom
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Planté dans la lande en Bretagne, un refuge ouvert sur l’horizon infini de la Manche pour se ressourcer et se connecter avec les éléments. Dans l’air du temps… et du vent

par Anne Marie Cattelain Le Du

A trois minutes à pied du Château de Richeux, Relais & Châteaux de la famille Roellinger, La Ferme du Vent, née il y a six ans, accueille les hôtes, 12 au maximum, dans 6 chambres baptisées Kleds (abri à vent en breton gallo). Avec pour vis-à-vis des potagers, des étendues herbeuses, des champs de trèfle où détalent les lièvres.

Des pentes habitées par une flore et une faune sauvages, descendent vers la grève et la mer aux couleurs changeantes. Une grande horloge lunaire, point de départ des Matines, randonnées méditatives, menées par la réflexologue Gwenn Libouban, bat aux rythmes des marées, les plus importantes d’Europe. Ici, le ciel s’impose en maître, invitant à se perdre ou se retrouver c’est selon dans le dédale des nuages et le bleu roi du ciel quand le vent joue les grands ordonnateurs.

 

Les deux bâtiments de la ferme reconstruits en lieu et place de vieilles bâtisses s’intègrent sans troubler l’harmonie d’un paysage brut quasi magnétique, voire tellurique, que les tempêtes parfois bousculent sans ménagement. Christophe Bachmann, architecte dinardais a joué avec les matières locales : granit, bois, ardoise en relation étroite avec une soixantaine d’artisans de la région. 

 

 

Dominique Tosiani, décorateur, diplômé de Penninghen, propriétaire du concept store la Maison Générale à Saint-Malo, a chiné de vieux meubles, dont des lits clos bretons, et puisé dans ses stocks, linge de maison en lin et coton clairs, accessoires et objets pour créer une ambiance chaleureuse.

Sans folklore, sans fanfreluche, entre feu de cheminée pour certaines et vue sur la mer, les chambres plantent bien la Bretagne prompte à chambouler et charmer les sens de ceux appréciant les univers façonnés par les éléments naturels. On saute de son lit, tôt, pour regarder le soleil dorer les sables et les champs avant de déguster son petit-déjeuner servi dans son Kled. Une fois encore la Bretagne s’impose, gourmande, généreuse avec ses crêpes de sarrasin et son beurre où scintillent les cristaux de sel. Un régal qu’on étale, sans aucun souci de diététique, en jolie couche jaune d’or sur la brioche et les tartines de pain maison.

Pour déjeuner, direction le Coquillage, au Château de Rieux, 3 minutes à pied, l’exquise table du fils de la maison, Hugo, honorée de deux étoiles Michelin hautement méritées, premier menu 85 €. Et le soir, rebelote, à moins de commander la veille, un menu au Goût du Vent, livré à l’heure prévue en sa chambre dans son écrin de bois. Carte iodée et épicée, signature maison.

 

 

Pas de spa à proprement parler, mais une fois encore, un concept ancré dans cette terre fleurant bon le grand large, les ajoncs et les genêts : les Bains Celtiques. Taillés dans le granit, dans une ancienne longère ils entraînent au long de leur courant tantôt dedans, tantôt dehors. Alliance de l’eau, du feu, du vent, avec toujours et encore ces vues romantiques qu’on croirait échappées d’une marine, peinte au début du XXe siècle. Fenêtres ouvertes vers ce littoral qui résiste vaille que vaille aux invasions barbares, à la mondialisation des paysages.

C’est ici, près des Bains celtiques dans la Maison de Gwenn, que la susnommée Gwenn Libouban, réflexologue mais bien davantage, ses fans l’appellent la fée, soulage les maux, les bleus à l’âme, sans protocole pré établi. Au gré des rencontres, des envies, des attentes de chacun.
Le prix : 6 chambres, à partir de 285 €, notre coup de cœur le Kled Fenouillette, avec vue mer et grande cheminée.

 

Savoir La ferme du Vent est une entité de la Collection Maisons de Bricourt fondée par Jane et Olivier Roellinger, vice-président de Relais & Châteaux, qui en 2008, rendit ses 3 étoiles avec l’ambition de s’inscrire dans une démarche vertueuse locavore, de préservation des produits, notamment des espèces nobles de poissons, menacées par la surpêche. L’an passé, il a publié « Pour une révolution délicieuse”, incitant tout un chacun à adopter une « cuisine joyeuse, éthique et onirique », à l’opposé de la malbouffe.

 

Avec son épouse, Mathilde et Hugo, leurs enfants il gère ce petit empire hôtelier et épicurien. La Ferme du Vent, grâce à Gwenn Libouban, thérapeute, réflexologue, ajoute une dimension bien-être, méditation et reconnections avec la nature aux Maisons de Bricourt.

 

Voir : Sans aucun doute, le Mont-Saint-Michel. Un pur bonheur. La légende raconte que c’est le Couesnon, petit fleuve côtier qui dans sa folie (un méandre fantaisiste) mit le Mont en Normandie et non en Bretagne.

En temps normal, depuis trente ans, 3 millions et demi de visiteurs envahissent chaque année ses ruelles étroites et pavées où s’alignent les enseignes de souvenirs. Depuis le 11 mai, date de sa réouverture, le flux des visiteurs, raisonnable, permet de prendre tout son temps pour admirer les vieilles maisons et grimper tranquillement jusqu’à l’Abbaye construite au Xe siècle par les Bénédictins, et la visiter. Une communauté religieuse de quatorze moniales et moines, des Fraternités Monastiques de Jérusalem, y vit toujours et un prêtre assure les offices. En quittant ce joyau, emprunter les remparts qui dévoilent les toits en tuile de bois des maisons du XV au XVIIe siècles et l’infinité de la Baie. Et avec un guide partez à travers la grève vers le rocher de Tombelaine, traversant les prés-salés où se régalent d’herbe gorgée d’eau de mer les moutons à tête noire.

Nec plus ultra aller au Mont, lors d’une des prochaines grandes marées d’équinoxe, quand la mer se retire à des kilomètres dévoilant le sable à l’infini… Puis accourant du large pour entourer le Mont réellement à la vitesse d’un cheval au galop. Prochaines 17, 18, 19 octobre.

 

Adresse : Le Buot – 35350 Saint-Méloir-des-Ondes


Téléphone : +33 2 99 89 64 76

Site internet : www.maisons-de-bricourt.com/fr/page/ferme-du-vent