Renaissance des Cures Marines à Trouville

Texte par Anne-Marie Cattelain-Le Dû. Photos Gilles Trillard, tous droits réservés.

Inauguré en 1903, le bâtiment blanc de style oriental, de 6 000 m2, signé Alexandre Durville, l’architecte à la mode de l’époque, permet alors à Trouville de damer le pion à sa rivale, Deauville. Casino et établissement de bains de mer attirent immédiatement les grandes familles des alentours et de la capitale. Sur la plage, juste en aplomb, les femmes les plus hardies osent, quittant leurs cabines en toile rayée, retrousser leurs vastes jupes pour que les vagues les fouettent à l’envi avant de bouillonner dans les bains clos. Belle et heureuse époque !

90 ans plus tard, changement de décor !

Les bains vieillissants sombrent avant de rester en cale sèche. Et, de projets immobiliers avortés en idées farfelues rejetées par la municipalité, propriétaire des murs, le bâtiment prend l’eau, envahi peu à peu par une végétation dopée par la pluie et le crachin. Jusqu’à ce qu’un investisseur suisse propose de relever les murs afin de doter Trouville d’un cinq-étoiles et d’une thalasso digne de ce nom.

Jean-Philippe Nuel, architecte renommé pour ses rénovations de sites patrimoniaux, s’attaque au chantier d’envergure, inspiré tout à la fois par l’histoire des lieux, par cette lumière à nulle autre pareille que diffuse le ciel pommelé de nuages et par l’empreinte des écrivains, sur cette terre reliant le ciel et la mer. Quatre ans de démarche et de travaux, avant que le paquebot échoué entre La Touque et la Manche hisse à nouveau pavillon, sous l’enseigne MGallery du groupe Accor.

Copie de fresques retrouvées dans les ruines, photos d’époque agrandies, dégradés de bleus et gris rehaussés parfois d’un vert acidulé, mots d’auteurs à la police étudiée, Gustave Flaubert, Alexandre Dumas et bien sûr, Marguerite Duras tracés d’une plume appliquée sur les murs s’harmonisent avec l’atmosphère de Trouville, tout à la fois port de pêche très actif et station balnéaire de bon ton. On les lit, les relit, s’en imprègne.

En cuisine, le chef veille sur la ligne des hôtes troussant des plats légers et esthétiques tandis qu’au sous-sol, douze thérapeutes esthéticiennes, avec la complicité des marques Gémology et Aquascience, s’appliquent à gommer en douceur les effets du temps et de la gourmandise.

Quand lessivé, enivré, par le vent du nord on regagne sa chambre blanche, judicieusement aménagée pour créer l’impression d’espace là où il manque parfois, on se remémore, cette confidence de la romancière
Marguerite Duras qui au soir de sa vie aimait se calfeutrer aux Roches Noires, en compagnie de son jeune amant Yann ….« C’est à Trouville que j’ai regardé la mer jusqu’au rien. Trouville c’est une solitude de ma vie entière. »

Et l’on rêve que les fresques originales de 1903 décollées des murs, récupérées par l’investisseur et expédiées dans sa résidence helvète, témoins authentiques d’un temps révolu regagnent Les Cures Marines ou le petit musée de la ville.

Le plus : La proximité du port, de la plage, de la halle aux poissons.
Le prix : pour juillet nous avons trouvé une chambre à 330 € pour deux personnes comprenant le package Escale Vitalité avec 2 soins thalasso individuels et 1 séance tonique . Suite Reine des Plages en duplex, 668 Euros pour deux personnes sans le petit-déjeuner.
Affiliation : MGallery, hôtels du groupe Accor 

Adresse : Boulevard de la Cahotte. 14360 Trouville-sur-mer
Tél : +33 (0)2 31 14 42 80

 

 

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