Le rêve polynésien de Brando

Au bord du lagon, les empreintes d’un monstre sacré.

 par Anne-Marie Cattelain Le Dû. Photos The Brando tous droits réservés

C’est en tournant « Les révoltés du Bounty » en 1961 que Marlon Brando tomba tout à la fois amoureux de sa partenaire Tarita et de l’atoll de Tetiaroa où Lewis Milestone tourna quelques scènes. En 1965, l’acte de vente entre sa propriétaire Marjorie Berchel, veuve du consul d’Angleterre et l’acteur signé, Marlon s’y installa pour y vivre à la tahitienne avec son épouse et leur fils Simon Teihotu, né deux ans plus tôt. Il rêva alors de transformer le plus grand des douze îlots Onetah, en refuge écologique pour y inviter des océanographes, des écrivains, des amis et recevoir quelques hôtes payants.

Il fit donc construire par l’architecte américain Bernard Judge, une poignée de bungalows spartiates que le premier cyclone venu balaya sans merci. N’en épargnant qu’un seul, plus abrité où vit encore son fils Simon étonnante réplique de son géniteur, même voix, même carrure que l’on croise parfois fumant une cigarette sous un cocotier. Discret, timide presque.

En juillet 2014, dix ans après la mort de Brando, Richard Bailey dit Dick, son ami américain, hommes d’affaires averti, respectant la volonté de l’acteur, en accord avec ses dix héritiers, ouvrait The Brando, luxueux hôtel de 35 villas avec piscine individuelle, spa aux cabines en forme de nid bordant un étang ou perchées dans la canopée, restaurant gastronomique sous l’autorité de Guy Martin

Un centre marin accueille des chercheurs, prompts à expliquer aux clients curieux leurs études sur l’acidité des océans ou la migration des tortues. Fidèle à la mémoire de Marlon, Dick avec la complicité de l’architecte Jean-Jacques Picard et du décorateur Gilles Leborgne, y appliqua des principes écologiques stricts : toits en pandanus, bois et matériaux locaux, pavage des salles de bains en galets polis, énergie solaire, recyclage de tous les déchets, utilisation de l’eau de mer pour climatiser les lieux, et emploi prioritaire d’autochtones, etc.

Ici, on flirte avec l’esprit bienveillant et visionnaire de Brando, avant que les aléas de la vie ne le troublent, l’obligeant à quitter son atoll. Ici, en toute simplicité, on évoque sa mémoire en marchant dans les eaux translucides du lagon en compagnie de Tumi, 20 ans, son adorable petite-fille, guide naturaliste qui sait mieux que personne conter son atoll et son grand-père. Un grand-père qu’elle visitait l’été à Los Angeles et qui l’implorait à chaque fois de prendre soin de son bout de terre polynésienne.

Ici, à vingt minutes de Papeete, on devient poisson dérivant au rythme des bancs multicolores autour des patates de corail ou sternes en suivant leur vol rapide striant de blanc le ciel uniformément bleu des mers du Sud ! Ici, la star, c’est soi… Mieux qu’en fiction. Mieux que sur grand écran, pour de vrai de vrai !

Le plus : un hôtel exceptionnel facilement accessible de Papeete
A ne pas manquer : le miel bio cultivé sur l’île par un apiculteur scrupuleux, une sortie en mer à la découverte des oiseaux avec un ornithologue,  un massage polynésien
Le prix : pour deux personnes, en pension complète, avec tous les repas dont 1 dîner au restaurant gastronomique excellents vins, champagne et alcool compris à volonté, un soin au spa, blanchisserie, etc. à partir de 2 750 € TTC dans une villa avec piscine, jardin, et vue mer . A privilégier la 104 très intime, sur la Baie des Sirènes, au sud, au bord d’une longue plage de sable ou  la 204 sur la Baie des Tortues à l’ouest, coucher de soleil et corail à fleur d’eau.
Site : http://thebrando.com

 

 

 

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