La Réserve, le Second Empire de Jacques Garcia

L’ ancien hôtel particulier de la famille du duc de Morny s’est transformé en palace flamboyant au coeur du pouvoir parisien. Le Palais de l’Elysée, le Ministère de l’Intérieur et une poignée de puissantes ambassades ne sont pas loin. L’hôtel avait été longtemps la propriété de Pierre Cardin, confetti d’un immense empire et résidence hôtelière peu occupée.

Nous avons assisté aux premiers pas de l’hôtel La Réserve, le cinquième opus hôtelier de Michel Reybier après Genève et Ramatuelle notamment. Le décorateur Jacques Garcia était présent, contant le remarquable travail des artisans qui ont oeuvré pour lui. On ne se lasse curieusement pas de Jacques Garcia et de son amour du beau et du Second Empire décliné dans de nombreux hôtels et restaurants.  A grands renforts de velours cramoisi, de tentures à ramages ton sur ton, de dorures, de marbre, de meubles de style, de photos de famille et de bouquets romantiques,  il a su créer pour la Réserve une atmosphère intimiste. 

Politiques ou philosophes à la mode délaissant la rive gauche, y tiennent d’ores et dejà salon, choisissant selon l’heure et leur égo, de s’afficher au Lounge bar, à l’Honesty, ou de se réfugier dans le clair-obscur de l’une des charmantes pièces du rez-de-chaussée animées par les feux de cheminée. A moins de préférer le calme et la solennité de la bibliothèque réservés aux clients de l’hôtel. Qu’importe où qu’ils soient , le personnel discret à l’extrême,  semblant glisser d’un hôte à l’autre comme en apesanteur assure un service d’une rare efficacité : très école hôtelière suisse, saupoudré d’un zeste de convivialité.

Le décor se calme dans la salle du Gabriel pour ne pas voler la vedette à la table de Jérôme Banctel, qui devrait s’inscrire très vite sur la liste des étoilés. Sa carte un rien métissée de nipponneries, séduit sans alourdir ni les hanches ni les additions. C’est beau, bon, contemporain, généreux. Pour le petit-déjeuner les viennoiseries sortent craquantes, moelleuses parfumées de ses cuisines, avec pour adoucir le péché de gourmandise des infusions  gingembre, pomme, citron à se damner.

Si on retrouve bien sûr la patte de Jacques Garcia côté hébergement, en revanche l’architecte d’intérieur a élargi sa palette au bronze, au nude, au greige, sans délaisser pour autant le rouge, sa couleur favorite. Mais,  rien d’excessif, rien de lassant, au contraire. Tout est feutré, clair, chic, agréable à vivre. Un cocon sans fioriture, avec des petits plus qui signent les grandes et belles maisons : vaste dressing, éclairage très étudié, téléviseurs dissimulés, tapis mousse enveloppée de coton longues fibres, en pied de lit. Et, une salle de bains en marbre tons argent, au sol légèrement chauffé où l’on prend plaisir à flâner. Si les Américains privilégient les étages dits nobles, les Français, incorrigibles romantiques, se réfugient avec délice sous les toits pour jouir de la vue infinie sur les jardins environnants et le ciel de Paris.

Texte Anna Le Caer. Photos tous droits réservés.

Le plus : La vue exceptionnelle qui embrasse le Grand Palais, la Tour Eiffel, les Invalides pour certaines chambres et suites.
La table: Le Gabriel, gastronomique de Jérôme Banctel, menu à 67 €, deux bars pour en-cas. Petit-déjeuner  au Gabriel ou en room-service
Tarif : Chambres à partir de 750 € une nuit pour deux personnes.
Adresse : 40, Avenue Gabriel 75008 Paris 
Téléphone : 0158366060
Lien : www.lareserve-paris.com
A deux pas : Les Champs-Elysées, Le Faubourg Saint Honoré, La place de la Concorde, le Grand Palais.

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